Le jeu consiste à montrer l'Auvergne et tous ses paysages, pas sa carte postale. Il faut pouvoir égrener la chaîne des Puys, se déchirer les paupières sur les crêtes faussement alpines du Sancy, apprivoiser l'Artense rabotée par les glaciers du quaternaire.
Et la désespérante beauté des hauts plateaux du Cézallier !
Puis, toucher le grand squelette volcanique du Cantal. Du granit du Gévaudan, les grandes dents.Mais les coteaux pour la vigne ? Et la Limagne des semenciers où l'on se promène rarement, ou encore le bocage des éleveurs de charolais, en Bourbonnais…
Puis ouvrir les gorges de l'Allier surmontées d'abbayes, les gorges de la Loire aux forteresses ruinées. Absolument faire face au Mézenc, chauffé par les mots de Jules Romains ! Rouler sur les épaules du Velay quand il se penche sur Le Puy, la ville de Vallès.
Il faut lire la mémoire du temps dans les pierres de Hérisson ou de Lavaudieu. Suivre les eaux torrentueuses de la Truyère ou de la Dore, celles, halieutiques*, de la Sioule, s’attarder au bord des eaux rondes du lac Pavin ou de quelques étangs pleins de foulques, et d'étranges tourbières. Sur le Forez, s’immerger sous les sapins, à Tronçais, dans la chênaie. Sur les terres d'estive, les vaches parées de leurs sonnailles broutent le vent sans toucher aux gentianes. Des bâtisses de granit, indestructibles, des granges en pisé ; des croix, des oratoires de montagne, des toits de lauzes veillés par le paratonnerre des joubarbes et un clocher à peigne, l'austère des abbatiales…
Il faut, il faut… découvrir les mille et uns chemins de l'Auvergne touristique, pour toucher au plus intime de la réalité paysagère. C’est le jeu !
Rendez-vous donc à la case « départ » pour une première partie en guise d’initiation.
* halieutiques : relatifs à la pêche.
Article rédigé par l'équipe de Chamina, éditeur de guides de randonnées.
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19, 2007