Un premier séminaire, organisé le 11 mars 2009 à Vulcania, avait marqué d’une pierre blanche l’ouverture de la démarche biodiversité dans la région, portée, pour sa première phase, par l’état et le Conseil régional d’Auvergne. Tout au long de l’année, des experts, responsables associatifs, élus, représentants des branches professionnelles et autres membres de la société civile ont ensuite planché, en ateliers de travail thématiques, sur l’élaboration d’un diagnostic de la biodiversité en Auvergne.
Ce document de référence vient d’être publié : riche de plus de 350 pages, il constitue une base solide afin de décider quelles seront les actions les plus pertinentes à entreprendre, dans les dix prochaines années, pour sauvegarder la biodiversité dans la région.
Une Auvergne encore préservée mais menacée
Le diagnostic met en évidence que « l’Auvergne est riche d’une grande diversité d’espèces et de milieux. Ce constat est valable pour l’ensemble des groupes d’espèces avec des niveaux de représentation parfois remarquables dans certains sous-groupes » (chez les libellules, par exemple,). Par ailleurs, si l’Auvergne n’est pas épargnée par l’érosion de la biodiversité, ce phénomène est unanimement considéré comme moins avancé que dans de nombreuses autres régions. Raison de plus pour ne pas gâcher cette chance, et au contraire se rendre compte que la biodiversité auvergnate est un véritable atout dont il convient plus que jamais de se soucier.
L’état des lieux réalisé est donc sans concession, et n’hésite pas à souligner les menaces qui pèsent sur cette richesse naturelle indéniable. Sur un secteur donné, la destruction, l’appauvrissement et la fragmentation des habitats sont la cause directe la plus importante du déclin de la biodiversité. D’où la nécessité d’être vigilant dès lors que l’on développe des infrastructures routières, ferroviaires, des aménagements touristiques, ou que l’on étend les surfaces forestières, par exemple. Une attention particulière est à porter sur les milieux humides, comme les tourbières, qui sont les plus menacés de destruction.
Une autre menace à ne p as prendre à la légère est l’envahissement des milieux par des espèces exotiques : des espèces invasives entrent en concurrence avec des espèces autochtones. Le phénomène est bien réel en Auvergne : le Val d’Allier et le Val de Loire sont affectés par les Jussies et les Renouées, et la faune n’est pas épargnée : concurrence du ragondin sur le campagnol amphibie, de la tortue de Floride sur la cistude d’Europe, ou des écrevisses introduites sur les écrevisses à pattes blanches autochtones et protégées mais moins prolifiques et plus fragiles que leurs « cousines » américaines. Les principales sources de pollution et les conséquences prévisibles du réchauffement climatique (notamment sur des espèces inféodées aux plus hauts sommets ou aux versants froids) ont également été identifiées dans ce diagnostic.
Cinq enjeux prioritaires
En réponse à cet état des lieux que chacun est invité à consulter en téléchargeant l’intégralité du diagnostic de la biodiversité en Auvergne, cinq grands enjeux prioritaires se sont dégagés pour apporter des solutions à moyen et à long terme pour enrayer la perte de biodiversité. Ce sont les suivants :
- La connaissance, l’observation, la recherche : l’état de la connaissance des espèces et des milieux est globalement assez bon en Auvergne, mais dans le détail, il ressort que cette connaissance est « en réalité extrêmement hétérogène tant sur l’aspect géographique que thématique ».
- La préservation et la gestion du réseau écologique : face à la pression constante qui s’exerce sur les milieux et les espèces, il est nécessaire d’élaborer des stratégies visant à préserver de manière durable les écosystèmes et la diversité biologique. Les orientations qui relèvent de cet enjeu concernent en majorité le maintien ou la restauration des espaces remarquables.
- Mettre en place des plans d’action régionaux spécifiques à certaines espèces, groupes d’espèces ou habitats : Pour préserver la biodiversité, les approches globales sont en général plus pertinentes. Toutefois pour certaines espèces et habitats, les enjeux justifient la mise en place d’une stratégie particulière (citons par exemple la loutre, le milan royal, la cistude d’Europe, ou encore les pies grièches).
- Des paysages favorisant la biodiversité : Les paysages sont étroitement liés aux activités humaines et aux décisions d’aménagement du territoire. Leur qualité en Auvergne sont une opportunité pour la biodiversité (importance des micro-habitats tels que les haies, arbres isolés, murets de pierre, etc.).
- La mobilisation des acteurs : Le diagnostic fait le pari que la biodiversité, la nature, peut être un élément fédérateur en Auvergne, et que les Auvergnats attachés qu’ils sont à leur région, seront d’accord pour agir, dans une mobilisation concertée, pour peu que l’on raisonne en termes de projets plutôt que de contraintes.
Premiers engagements de la Région
En adoptant son Plan régional en faveur de la biodiversité, la Région Auvergne a d’ores et déjà pris des engagements supplémentaires en prolongement de la démarche de diagnostic. Ces engagements se déclinent suivant cinq axes :
- Organiser une gouvernance à l’échelle régionale en matière de biodiversité, avec notamment la création d’un Observatoire régional de la biodiversité, ce qui n’a pas été fait jusqu’à présent ;
- Porter la biodiversité au plus près des territoires, grâce au schéma de cohérence écologique de l’Auvergne, aux Parcs naturels régionaux, aux contractualisations liées à l’eau ou encore le classement de sites en « réserves naturelles régionales » ;
- Soutenir l’engagement des différents acteurs en faveur de la nature, à travers des plans d’actions régionaux pour les espèces et les milieux, des conventions de bonnes pratiques avec les utilisateurs de la nature et l’incitation aux collectivités locales ;
- Favoriser la recherche et l’expérimentation, avec le lancement d’appels à projets spécifiques sur des thèmes liés à l’environnement ;
- Mobiliser les Auvergnats, sensibiliser, donner l’exemple. La Région s’appuiera ici sur les Parcs naturels régionaux, qui ont déjà développé des outils de sensibilisation, prendra davantage en compte la biodiversité dans les lycées et bâtiments régionaux, favorisera l’utilisation de produits bio dans la restauration collective des lycées, et engagera aussi, par exemple, un programme de coopération décentralisée sur le thème de la biodiversité.
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Vos réactions à cet article :
28/01/2010 -
doulon43
Des paysages favorisant la biodiversité : Les paysages .....etc... sont une opportunité pour la biodiversité (importance des micro-habitats tels que les haies, arbres isolés, murets de pierre, etc.). Je pratique la randonnée principalement sur la Haute Loire et sur le Puy de Dôme et je constate ainsi que de très nombreux murets de pierres sèches pour ne pas dire tous sont en cours de démolition par le passage destructeur des engins de débroussaillage. De plus lors du passage des engins de nombreux habitats naturels sonts détruits ainsi que leurs occupants. Et je passe sur l'aspect des lieux une fois la "tornade" passée. Je ne peux utiliser le mot Travail. Cordialement.
27/01/2010 -
fafa
bonjour
tout cela est super quelques questions cependant
ou donne t on le premier coup de pioche ?
ou plante t on le premier arbre ?
Bref qui fait quoi ou comment avec quelle envelope
cela fait au moins trente ans que l'on fait des bilans, des analyses, des syntheses, antitheses, theses, constats, schemas, classements, comissions, sous-comissions,...
qui font le bonheur et la richesse des entreprises de "conseils" mais ou va t on pouvoir toucher du doigt de véritables réalisations?
Cordialement
francois januel
Des paysages favorisant la biodiversité : Les paysages .....etc... sont une opportunité pour la biodiversité (importance des micro-habitats tels que les haies, arbres isolés, murets de pierre, etc.). Je pratique la randonnée principalement sur la Haute Loire et sur le Puy de Dôme et je constate ainsi que de très nombreux murets de pierres sèches pour ne pas dire tous sont en cours de démolition par le passage destructeur des engins de débroussaillage. De plus lors du passage des engins de nombreux habitats naturels sonts détruits ainsi que leurs occupants. Et je passe sur l'aspect des lieux une fois la "tornade" passée. Je ne peux utiliser le mot Travail. Cordialement.