Ingénieur de formation, Jean-Pierre Ladvie a passé 35 ans dans le monde de la montagne, où il fut directeur de stations, avant de démissionner en 2006. Ses trois fils ayant rejoint les études, il jouit d’une grande liberté géographique et réalise son rêve d’enfant. « Depuis la maternelle, je me disais : à 50 ans, j’arrête tout ! » De là à l’imaginer jouer au Lego, il y a un pas qu’il n’hésite pas à franchir.
« C’est une petite histoire qui a tout déclenché. Lors d’un championnat de France de ski à Chamrousse, nous avions deux chalets à construire en partie sommitale, sans aucune fenêtre météo pour l’hélico. J’ai réalisé qu’il n’existait aucun système de bâtiment modulaire qu’on puisse transporter en motoneige. » Il passe un Master 2 entrepreneur à l’Ecole supérieure des Mines de Saint-Etienne où il finalise son nouveau concept d’éco-construction bois. « Durant 18 mois, j’ai rencontré des gens qui pensent bien et juste. Leurs analyses m’ont conforté. » Dans la foulée, son système (aux valeurs sismiques exceptionnelles) fait l’objet de nombreux essais au laboratoire du FCBA (Centre national du bois à Bordeaux) et décroche les brevets internationaux. « Comme il y a très peu d’innovations dans la filière bois, on gagne en visibilité. »
Reste alors à trouver un lieu où installer sa société et lancer la fabrication du BatiPack : caissons en panneaux OSB4 renfermant de la laine de roche (produite en Auvergne). « J’ai choisi le Cantal en raison d’un lien filial et d’une circonstance. GMV Ameublement ayant déposé le bilan (un drame pour Aurillac !) j’ai signé un bail commercial et acheté le parc de machines à commandes numériques, aisément adaptables à mon projet. En Auvergne, les masses salariales sont extrêmement fiables. Il y a un vrai attachement au lieu et à l’entreprise. Et, qui plus est, l’accès aux décideurs est aisé. J’ai pu mettre en œuvre ma philosophie : sortir de la seule matière grise pour produire. C’est le seul moyen de s’en sortir. »
En dehors du matériau écologique et économique (« la quatrième offre » après le parpaing, la brique et le béton cellulaire), l’originalité du concept repose sur le principe de tenségrité : réalisation d’un système rigide et déformable stabilisé par la répartition et l’équilibre des contraintes mécaniques dans la totalité d’une structure. D’un point de vue logistique, les maisons (30 vendues en France depuis la création en 2009) partent en prêt-à-monter sur des palettes Europe avant d’être assemblées au rythme de 50 m2 par jour, même en hiver. Un village est en cours de finalisation en Haïti et la Côte-d’Ivoire est sur les rangs. Un jeu d’enfant !
BatiPack,
Wood Way SAS, ZI de Sistrières, rue Félix-Daguerre, 15000 Aurillac.
Tél. 06 80 24 71 00 ou 09 63 67 67 77.
E-mail : accueil@woodway.fr
Site Internet : www.batipack.com
Texte : Corinne Pradier / pour le magazine Nouveau Monde n°1 – édition 2012
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14, 2012