Dans un contexte mondial de concurrence féroce, en particulier dans le secteur industriel, le meilleur gage de survie des entreprises est de rester en pointe, ce qui nécessite pour elles d’innover sans cesse, de ne pas baisser la garde sur leur département « recherche ».
Facile à dire, mais une période de crise telle que celle que nous traversons a plutôt tendance à freiner les bonnes intentions en la matière. L’innovation technologique, la création de valeur ajoutée, l’amélioration de la performance, le développement à l’international et le développement commercial constituent pourtant des leviers de compétitivité désormais incontournables.
Une réponse : les grappes d’entreprises
Les clusters d’excellence (ou grappes d’entreprises, ou encore groupements d’entreprises) se positionnent comme des pôles de compétences régionaux. Ce sont « des regroupements d’entreprises, de laboratoires de recherche publics et/ou privés et d’établissements d’enseignement, à des fins de développement et d’innovation par la mise en commun de ressources et de projets ».
Véritables catalyseurs et générateurs de développement économique, ils ont pour ambition d’ancrer les entreprises de leurs secteurs sur le territoire. La mise en commun des compétences et savoir-faire de leurs adhérents leurs permettent justement de développer l’innovation, le travail collaboratif ainsi que des formations en adéquation avec les besoins réels.
Ces regroupements ont plusieurs vertus : ils permettent de structurer la filière, et de développer la recherche et l’innovation par le rapprochement des entreprises et des organismes de recherche et de formation. En filigrane, l’objectif est bien sûr de favoriser l’émergence de nouveaux emplois.
Accompagnement et dynamique
« La crise actuelle nous impose d’innover, de manière à développer l’emploi en Auvergne. Au niveau régional, nous souhaitons absolument encourager l’innovation, la recherche et les transferts de technologie », a précisé le président du Conseil régional d’Auvergne René Souchon, vendredi 4 juin dans les locaux de l’École supérieure de commerce (ESC) de Clermont-Ferrand lors de la labellisation de 7 clusters d’excellence dans les secteurs de la santé, de l’industrie, de la mécanique, de la mécatronique, des technologies de l’information et de la communication, et de l’environnement.
La labellisation décernée le 4 juin fait suite à un appel à projets lancé en octobre 2009 par la Région Auvergne, avec l’Agence régionale de développement économique (ARDE) comme maître d’œuvre et en coordination avec l’État. Sept dossiers ont été retenus, sur 15 déposés. L’idée est de garantir à chaque cluster sélectionné la possibilité d’embaucher un ingénieur de projets, l’accès à un dispositif d’intelligence économique et la prise en charge des supports de communication.
Elle va permettre d’accompagner conjointement ces 7 groupements d’entreprises dans une véritable dynamique économique. Un suivi régulier sera assuré afin d’optimiser l’avancée des travaux de recherche et innovation, dans le but de faire de l’Auvergne une terre d’excellence pour les entreprises.
L’engagement des partenaires autour de cette labellisation est en premier lieu financier : il s’élève à 2,1 M€ sur 3 ans (dont 20 % financés par la Région, 40 % par les fonds européens, et 20 % par l’État). Cette aide concerne l’animation du cluster par un ingénieur de projets, les frais d’étude ainsi que les frais de communication, auxquels seront ajoutés le financement des projets de recherche et développement et actions collectives examinées à l’issue de la labellisation.
Les clusters doivent porter deux projets par an (au moins, mais cela peut être plus) soutenus à hauteur de 3 M€ par an répartis entre les 7 clusters. La Région a joué un rôle fédérateur au niveau des financements, aboutissant à la signature d’une convention d’objectifs sur 3 ans.
Retrouvez ici un petit film de présentation pour chacun de ces clusters d’excellence, en cliquant sur le nom du cluster :
Secteur de la santé
- Nutravita : alimentation, santé (54 adhérents)
- Institut de recherche pharmabiotique (IRP) : probiotiques pharmaceutiques (20 adhérents)
- Analgesia Partnership : santé, traitement de la douleur (8 adhérents)
Secteur de l’industrie, de la mécanique et de la mécatronique
- Mémo Mécatronique : métiers de la mécanique et de la mécatronique (23 adhérents)
- JCEP : plasturgie, extrusion plastique (31 adhérents)
Secteur des TIC et de l'environnement
- Auvergne TIC : technologies de l’information et de la communication (64 adhérents)
- Entreprise pour l’environnement et l’innovation en Auvergne (E2IA) : éco-activités, éco-technologies (12 adhérents)
Un « plus » indéniable
« L’union fait la force » n’est pas une maxime traditionnellement attachée au monde de l’entreprenariat… Et pourtant : la démarche des groupements d’entreprises permet, en définitive, une mutualisation de compétences et d’outils, et offre l’opportunité à des entreprises de déterminer une stratégie commune pour atteindre un même objectif. Les adhérents composant un cluster peuvent accéder à de nouveaux marchés, mais surtout à des savoir-faire, des technologies, des développements communs qui resteraient pour elles inaccessibles si elles restaient isolées.
Les clusters constituent donc un bon moyen, pour les entreprises, de se positionner dans une économie globale et évolutive et de soutenir la compétitivité de leurs activités. Au cours de la présentation de ces 7 clusters d’excellence labellisés, le président René Souchon a également annoncé le lancement prochain d’un nouvel appel à projets, sur le même principe, tourné cette fois plus spécifiquement vers la filière bois.
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8, 2010